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EXTRAIT DU JOURNAL LE MONDE :

On l'appelait "M. France", parce qu'il s'était imposé à quatre reprises dans le championnat national, record toujours inégalé. Jean Stablinski est mort, dimanche 22 juillet, des suites d'une longue maladie, au CHU de Lille. Il avait 75 ans.

Jean Stablinski était fils d'immigrés polonais, de son vrai nom Stablewski, et sa vie devait ressembler à celle de son père, venu en France pour travailler à la mine. Mais à 16 ans, Jean Stablinski choisit la nationalité française, pour le sport. Parce qu'il vaut mieux "être en haut du Galibier qu'au fond de la mine", comme il le prophétisait, Jean Stablinski fut pendant quinze ans, de 1953 à 1968, coureur professionnel. Une carrière brillante, même s'il ne réalisa jamais son plus grand rêve : remporter Paris-Roubaix, l'enfer du Nord, ce Nord d'où il venait, lui qui était né le 21 mai 1932, à Thun-Saint-Amand.

 

 

Pourtant, "Stab" brillait dans ces courses d'un jour : champion de France militaire dès 1953, puis quatre fois champion de France (en 1960, 1962, 1963 et 1964), vainqueur de Paris-Bruxelles en 1963, de la première édition de l'Amstel Gold Race en 1966, et champion du monde, en 1962, sa consécration. Sans oublier cinq victoires d'étape sur le Tour de France, et la victoire finale dans le Tour d'Espagne, en 1958.

Sa carrière fut aussi celle de l'ombre. Jean Stablinski fut pour beaucoup dans les cinq succès de Jacques Anquetil sur le Tour de France, ainsi que dans ses victoires sur le Tour d'Italie et le Tour d'Espagne.

A la fin de sa carrière de coureur, il fut un temps directeur sportif. Il eut notamment sous sa conduite le Belge Lucien Van Impe et Bernard Hinault, deux vainqueurs du Tour. Surtout, il fit découvrir à Jacques Goddet la tranchée d'Arenberg, et le convainquit de l'incorporer au tracé de Paris-Roubaix, malgré des critiques alors assassines. Aujourd'hui, les mêmes critiques s'élèvent lorsqu'un retrait de cette tranchée est évoqué.

 

 

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