Au masculin !

 

J'te d'mande un peu de quoi t'as l’air  
T'es encore saoul comme un cosaque
Et me reproche d'être amer
Mais entre nous j'en ai ma claque
De te voir ivre chaque les soirs
C'est pourquoi je prends le courage
De t'avouer que j'en ai marre
D'être ta femme de ménage
Dont le corps est inscrit au chômage
Au fond d'un grand lit sans espoir

J'en ai assez d'me sentir seule
Près d'un mari qui fait la gueule
Qui râle pour ci, grogne pour ça
Qui a mal au crâne ou bien au foie
J'en ai assez, tu l'sais maintenant
Parfois j'ai envie d'te tromper
Dieu qu't'a changé en peu de temps
Tu t'laisses aller, tu t'laisses aller

Ah, Ah, c'est quequ'chose à regarder
Monsieur traînant dans la maison
En pyjama et pas rasé
Parfumé au St Emilion
Quand j'te vois de face ou de profil
Ca me change de l'homme qu'a su me plaire
T'as une bouée autour du nombril
Et des valises sous les paupières
C'est fous c'qu'elle a raison ma mère
Qui t'appelle chef d'oeuvre en péril

Quand nous dînons chez des amis
Faut qu'tu épates la galerie
Tu es l'génie, tu es le plus fort
En politique ou bien en sport
Tu fais le clown, tu bois comme un trou
Tu dépasses la mesure en tout
J'me force à rire mais j'suis génée
Tu t'laisses aller tu t'laisses aller

Tu n'es ni tendre ni galant
Tu es égoïste et sans âme
Et les femmes ont évidemment
Besoin d'être traitées en femmes
Si tu voulais faire un effort
Notre vie serait différente
Au lieu d'en parler, fais du sport
Refais tes muscles et perds ton ventre
Retrouve ta ligne élégante
Et souviens toi que j'ai un corps

Faut pas chercher au fond d'un verre
A te forger un caractère
Moi je t'aime avec tes faiblesses
Toi l'homme enfant de mes tendresses
Et me raconter ses malheurs
Et parfois si t'es déprimé
J'aimerais que tout contre mon coeur
Tu t'laisses aller, tu t'laisses aller.

Chantée par Annie CORDY

Au féminin !!!

C'est drôle c'que t'es drôle à r'garder
T'es là, t'attends, tu fais la tête
Et moi j'ai envie d'rigoler
C'est l'alcool qui monte en ma tête
Tout l'alcool que j'ai pris ce soir
Afin d'y puiser le courage
De t'avouer que j'en ai marre
De toi et de tes commérages
De ton corps qui me laisse sage
Et qui m'enlève tout espoir

J'en ai assez faut bien qu'j'te l'dise
Tu m'exaspères, tu m'tyrannises
Je subis ton sale caractère
Sans oser dire que t'exagères
Oui t'exagères, tu l'sais maint'nant
Parfois je voudrais t'étrangler
Dieu que t'as changé en cinq ans
Tu l'laisses aller, tu l'laisses aller

Ah ! Tu es belle à regarder
Tes bas tombant sur tes chaussures
Et ton vieux peignoir mal fermé
Et tes bigoudis quelle allure
Je me demande chaque jour
Comment as-tu fait pour me plaire ?
Comment ai-je pu te faire la cour
Et t'aliéner ma vie entière ?
Comme ça tu ressembles à ta mère
Qu'a rien pour inspirer l'amour

D'vant mes amis quelle catastrophe
Tu m'contredis, tu m'apostrophes
Avec ton venin et ta hargne
Tu ferais battre des montagnes
Ah ! J'ai décroché le gros lot
Le jour où je t'ai rencontrée
Si tu t'taisais, ce s'rait trop beau
Tu l'laisses aller, Tu l'laisses aller

Tu es une brute et un tyran
Tu n'as pas de cœur et pas d'âme
Pourtant je pense bien souvent
Que malgré tout tu es ma femme
Si tu voulais faire un effort
Tout pourrait reprendre sa place
Pour maigrir, fais un peu de sport
Arrange-toi devant ta glace
Accroche un sourire à ta face
Maquille ton cœur et ton corps

Au lieu d'penser que j'te déteste
Et de me fuir comme la peste
Essaie de te montrer gentille
Redeviens la petite fille
Qui m'a donné tant de bonheur
Et parfois comme par le passé
J'aim'rais que tout contre mon cœur
Tu l'laisses aller, tu l'laisses aller

Charles AZNAVOUR