Ch’Guss, personnage emblématique de « La Revue patoisante de Boulogne », célèbre spectacle local, s’est éteint ce jeudi matin. Ses obsèques seront célébrées lundi à 15 heures, en l’église Saint-Nicolas. Retour sur la carrière de cet artiste hors pair, qui était par ailleurs retraité de « La Voix du Nord ».

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Ch’Guss, l’homme aux mimiques impayables,s’est éteint ce jeudi matin dans sa ville de Boulogne, à l’âge de 86 ans. Il est décédé à son domicile de la Grande-Rue, probablement suite à un malaise.

Cet artiste laissera le souvenir d’un petit bonhomme enjoué, impayable sur scène dès qu’il apparaissait, mais aussi d’un homme au grand coeur.

 

 

Béret, chaussettes rouges et costume trop court

Né le 1er mai 1928 à Desvres, Robert Jordens, de son vrai nom, s’est d’abord forgé une réputation en faisant des imitations de Bourvil dans des radio-crochets. Puis il a créé le personnage de Ch’Guss. Son béret, ses chaussettes rouges et son costume trop court sont rapidement devenus aussi connus que ses envolées comiques teintées de patois.

« Robert Jordens et Ch’Guss étaient deux personnages différents, explique sa fille Evelyne. Le premier était souvent très sérieux et discret. Mais quand il endossait le costume de Ch’Guss, il changeait de personnage. Je voyais mon père se transformer ! »

Il remplissait des salles hilares

Ch’Guss a intégré la « Revue patoisante de Boulogne » dans les années 1950 et a commencé à écrire les spectacles dans les années 1980. « Il avait une rigueur impressionnante. Il était très ponctuel et sérieux dans son travail, poursuit sa fille, qui a intégré la troupe à cette époque. Et il écrivait vraiment des rôles sur mesure, en fonction de chacun d’entre nous. »

Pendant des décennies, Robert Jordens et son personnage fétiche ont tourné partout dans le Boulonnais, mais aussi dans le bassin minier et dans toute la région ainsi qu’en Picardie.

Il remplissait systématiquement des salles hilares. « Les gens appréciaient sa bonhomie et les travers de la vie qu’il mettait en scène. Il faisait rire sans vulgarité, sans agressivité, tout en finesse. Même son fameux sketch sur les films pornos, on peut le passer en famille sans problème ! »

« Il faut savoir s’en aller »

Ch’Guss avait arrêté de se produire dans la revue il y a une dizaine d’années et s’était définitivement retiré de la scène après un dernier gala le 15 mai 2010 dans le bassin minier. Il avait pris la décision lui-même de mettre un terme à cette belle carrière d’artiste. « L’erreur que commettent beaucoup de personnes, c’est de se croire indispensablesJ’ai vu tellement d’artistes finir misérablement... Il faut savoir s’en aller. Et surtout, à temps », nous avait-il confié lors d’une interview en mars 2011 (à retrouver ici dans son intégralité).

Néanmoins, Ch’Guss n’avait pas coupé les ponts avec la revue : il continuait à participer à son écriture et avait prévu d’assister à la première représentation, programmée le samedi 7 mars.

D’abord ouvrier... puis chef de la pub à « La Voix du Nord »

Côté professionnel – car la scène n’était pas son métier –, Robert Jordens avait commencé sa carrière en tant qu’ouvrier fraiseur à l’usine APO.

Puis il avait intégré La Voix du Nord comme « publiciste » à l’agence de Boulogne avant d’être nommé chef du service publicité. Il avait pris sa retraite à la fin des années 1980. Nous présentons nos condoléances à sa famille.